Les Ailes d'Icar (Roman) - Moesius

Aller en bas

Les Ailes d'Icar (Roman) - Moesius

Message par moesius le Sam 16 Juin - 0:17

Les Ailes d'Icar - Chapitre I : l'Amour de l'Interdit


car Force-Fière était une jeune pouliche au crin roux et à la robe jaune. Ses yeux verts s'affaissaient à leur pointe de sorte qu’ils lui donnaient un air doux, pitoyable, triste. Néanmoins, cela ne transparaissait jamais en effet, quiconque l’eut vu à cette époque l’aurait décrite comme souriante, énergique, fière et bornée au-delà des mots. Etait-ce son nom qui l’avait définie ou un douteux hasard qui aurait opéré ? Quoiqu’il en soit, elle épousait toute la signification de Force-Fière. Elle était la fille d’un garde venu du Nord de l’Empire, un pégase bleu nommé Ailes-Dures LeLâche, et d’une apothicaire venue des marécages de l’arrière pays, un poney terrestre, comme elle, grise nommé Flocon Force-Fière.

car avait pour particularité pour les habitants de Perce-Neige, la capitale de l’Empire, de faire partie de la classe moyenne, habitant les bords de la falaise sous la classe dirigeante. Elle savait lire, compter et écrire grâce à sa mère mais n’aimait pas particulièrement cela. Encore à ce jour, Flocon s’évertuait à essayer de lui enfoncer dans le crâne les volumes encyclopédiques de la bibliothèque de la boutique d’apothicaire. Le corps équin, ses différents composants, organes, viscères, intestin, muscles, système nerveux, système magaelien, système lymphatique, système sanguin, oeil, humeurs, squelette défilaient devant ses yeux sous les arabesques de poneys bien trop intelligents pour le commun des mortels qui semblaient vouloir tortiller jusqu’à l’illisible les lignes interminables de bla-bla scientifique. A cela s’ajoutait l’étude des plantes, de la médecine, des remèdes et de la botanique et ce sous l’oeil avisé de sa mère. Cette dernière partie était la plus agréable pour Icar car étant plus présente et tangible dans son quotidien. Elle devait, entre autre, entretenir la serre de sa mère et préparer diverses concoctions. Malgrés cela, elle considérait ces tâches comme des corvées qui plus vite elles étaient expédiées, mieux la vie s’en portait.


car adorait courir, ses puissantes cuisses, héritées de son père, la propulsaient plus loin et plus vite que la plupart des poulains du quartier. Des jeunes de la plèbe dont les parents espéraient les voir un jour se marier à un autre jeune qui vivait au-dessus de leur tête. Des jeunes crétins qui gobaient ce qu’on leur donnait et qui n’avaient pour seul projet de faire ce qu’on leur donner sans pour autant comprendre les tenants et aboutissants des agissements de leur parents sans doute hérités eux-même de leur parents. Des jeunes qui avaient peur de se salir comme si la crasse du pavé allait leur coller le poil et les angluer à jamais dans ce sol de pauvres. Icar ne les aimait pas. La seule qu’elle appréciait, qu’elle aimait, admirait, adulait était Oeil-d’Anis Bois-Triste. Par l’Impératrice, qu’elle était belle. Le front et la machoire fuyante comme les hautes Dames qui régnaient sur le monde sans pour autant laisser ouverte sa bouche comme l’aurait fait ces juments mutilées à qui on aurait fichu des fichus trop serrés pour qu’ils en prennent la forme. Son poil crème, fin et duveteux, ses cheveux turquoise frisés croulant telle une cascade sur ses épaules en la forme d’un soleil, ses taches de rousseur roses qui lui crénelaient le museau et ses yeux bleu roi aux longs cils frisés qui par un drôle de mystère formaient des étoiles, tout en elle jusqu’à son maintien naturel rappelait une véritable Dame. Une grâce que les pauvres pécores tentaient vainement de recopier. Elle savait lire, elle lisait même, beaucoup, et elle jouait. Sa voix portait dans toute la place des Tuiles-Chaudes où se trouvait l’apothicaire de Flocon. Comme les autres jeunes du quartier, elle voulait grimper dans la hiérarchie, se marier. Mais contrairement aux autres, elle savait, elle réfléchissait aux plans qu’elle pourrait mettre en place et voyait les mariages comme des ouvertures pour pouvoir s’enrichir. Elle était intelligente et drôle mais le seul bémol qui lui valait d’être moquée, car on méprise tout ce qui est parfait surtout quand une telle plaie béante est visible, c’est d’être née à l’envers. En effet, Oeil-d’Anis était venue les pattes arrières en premières. Les docteurs de l’époque n’eurent d’autres choix que de tirer dessus à telle poids qu’elles se brisèrent et le bassin avec, sa mère en mourut. Dès lors, la pouliche ne put se déplacer qu’en fauteuil roulant.

ême si les moqueries sur ses pattes étaient courantes, elle faisait mine de n’en avoir rien à fiche malgré le fait que cela l’affectait manifestement. Elle répondait alors, dans ces cas là :
“-Rester assise ne me dérange pas, après tout il n’y a que les courtisans et les catins qui font le pied de grue.”
Et elle partait de l’un de ses grands rire. C’est pourquoi Icar l’appréciait et s’était lié d’amitié avec elle. Oeil-d’Anis était déjà presqu’une ponette, Icar, elle, avec ses dix ans, la regardait comme si elle était une adulte. Elle se voyait comme sa dame de compagnie et elles jouaient comme ça sur les pavés de la ville marchande. Oeil-d’Anis pointait une direction de son éventail et Icar poussait le fauteuil aussitôt et la conduisait à une vitesse fulgurante au lieu choisi, souvent des étales à bijoux et tissus. Mais souvent, elles partaient dans les dédales encore plus sales du vieux ports et plus précisément au cimetière naval du bidonville, la plupart du temps la nuit, étant donné que le jour vacillait de neuf à seize heure. Bien entendu, Icar n’avait pas le droit d’y aller, ni même Oeil-d’Anis.
ette fois-ci, elles y allèrent comme souvent. Elle passèrent devant l’orphelinat Ruboisel. Icar arrêta le riche fauteuil de cuir et sa passagère le long d’un petit muret de pierre moussue, derrière une haute haie d’épineux, juste à côté d’une brèche connue pour être une porte de sortie de choix.
“Je vous en prie ma chère”, entonna Oeil-d’Anis tout en désignant un caillou de son éventail dentelé.
Icar sauta au devant du fauteuil, mit une patte avant à terre et répondit en une révérence :
“Avec Joie”
Icar dévisagea la façade de l’orphelinat par le trou de la haie et scruta les différentes fenêtres de l’établissement. Personne en vue. Elle reporta alors son attention sur une fenêtre du troisième et dernier étage, sous les combles, la deuxième en partant de la gauche. Elle jeta alors le caillou en l’air avec ses dents et ficha un puissant coup de sabot dedans. Le projectil vint frapper la fenêtre souhaitée.
“Bien, ma chère, attendons !” lança alors Oeil-d’Anis en ravisant les couvertures qui lui couvraient les genoux.
Icar acquiesça et vint s'asseoir à côté d’elle sur le petit muret. Quelque secondes s’écoulèrent puis un léger bruissement d’aile se fit entendre au dessus de leur tête et un jeune poulain fit son apparition depuis le haut de la haie.
[La suite au prochain épisode les poivrons !!]


Dernière édition par moesius le Mar 19 Juin - 18:42, édité 4 fois (Raison : orthographe)
avatar
moesius
poivron rouge
poivron rouge

Messages : 160
Date d'inscription : 31/12/2016
Age : 18

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum